Les pharmaciens propriétaires du Québec ont-ils vraiment votre santé à coeur ?

Connaissez-vous les pharmaciens propriétaires ? Au Québec, il existe, c’est une gamme de professionnels de la santé qui sont presque tous multimillionnaires, de facto, deux à trois ans après avoir gradué.

Comme font-ils cela ?

Ils mettent sur pied une société par actions, une corporation quoi, (INC., souvent des compagnies à numéros), parfois avec l’aide financière de membres de leurs familles, en autant que celui qui est pharmacien détiendra toutes les actions de la corporation, et acquiert une franchise pour une pharmacie. Que ce soit Jean Coutu (Metro), Familiprix, Pharmaprix (Loblaws), Uniprix, Brunet (Metro), Proxim ou AccessPharma (Walmart), pour en être propriétaire, il faut être membre de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

Attention, tous les pharmaciens ne sont pas millionnaires. Certains ne sont pas propriétaires de pharmacies. Ils peuvent être, par exemple,  employés d’une pharmacie ou encore d’un hôpital.

Mais au Québec, pour avoir une pharmacie, qui a pignon sur rue, donc être pharmacien propriétaire, il faut être pharmacien, membre de l’Ordre des pharmaciens du Québec.

Lorsque vous visitez le terrain, c’est-à-dire, que vous vous rendez dans une pharmacie, vous constatez, que oui, le pharmacien vend des produits avec ordonnance de votre médecin, il en vend aussi de nombreux sans ordonnance pour vos petits bobos du quotidien allant des suppléments vitaminés, nombreux produits naturels, des produits anti-allergènes, des comprimés pour vos rhumes jusqu’à l’aspirine. Ils vendent en pharmacie aussi des jouets, des cartes de souhaits, des livres, des journaux, des billets de loterie, des magazines, des cartes-cadeaux (même de la Société des Alcools du Québec), des produits ménagers, quelques produits électroniques, y allant parfois même de consoles de jeux, de jeux, de films, de téléviseurs et certains ont même un vaste comptoir de cosmétiques où les marge de profits sur certains produits sont tout simplement faramineuses. On parle ici de plusieurs fois le prix coûtant.

Pour revenir aux produits naturels, ils en vendent, mais la plupart croient davantage aux bénéfices rapportés de ces produits qu’aux effets bénéfiques qu’ils peuvent vous apporter.

Ils font aussi bonne figure en vendant des produits associés indirectement à votre santé comme des brosses à dents, des couches (pour enfants et pour adultes), des condoms, des tests de grossesse, aussi divers produits hygiéniques comme des rasoirs, des serviettes, mouchoirs, essuies-tout et rouleaux de papiers.

Certaines pharmacies ont aussi un comptoir de Postes Canada à l’intérieur de leurs locaux.

Ils ont aussi un secteur alimentaire qui va de la base à du très développé, comme chez Pharmaprix, par exemple, où il est même possible de se procurer nombreux produits surgelés comme des pizzas ou des croquettes de poulet.

Ces établissements, aux allures de dépanneur-pharmacie vendent aussi des boissons gazeuses, des croustilles, des barres de chocolat, des bonbons de toutes sortes, certains produits ménagers très nocifs, des boissons énergétiques,

Alors, les pharmaciens propriétaires se soucient-ils vraiment de votre santé ou plutôt de leurs profits en pharmacie, donc, de leur porte-monnaie ?

Comment, de façon éthique, un pharmacien propriétaire peut-il réellement se soucier de votre santé en vendant des médicaments sous ordonnance, par exemple, pour combattre le diabète, mais de vendre aussi dans son établissement des boissons gazeuses, des frites surgelées et du chocolat ?

Ça ne fait aucun sens !

C’est d’être réellement une bizarre de société d’accepter qu’en pharmacie, ils peuvent vendre plein de trucs pour contrer un bobo et plein d’autres qui causent ces bobos. Dans une société où le système de santé est majoritairement privé, comme aux États-Unis, je pourrais comprendre. Mais d’appliquer le modèle américain de pharmacie-dépanneur, ça ne tient pas la route au Canada, au Québec, où le système de santé est majoritairement public, donc il roule à même vos taxes, impôts et emprunts que le gouvernement contracte.

Comment comme contribuables payeurs de taxes et impôts, pouvons-nous accepter que des pharmaciens puissent vendre d’un côté un médicament pour contrer un truc et de l’autre vendre aussi ce qui peut causer le problème ?

Mais dans un tel débat, il y a pire, remontons deux décennies en arrière. Vous verrez, ça défie toute logique.

Monsieur Jean Coutu, oui, le fondateur de la chaîne de pharmacies qui portent son nom, s’était battu bec et ongles contre l’Ordre des pharmaciens du Québec et le gouvernement du Québec, quelques détails ici, lorsque ce dernier a interdit la vente de produits du tabac en pharmacie dans la province.

Imaginez, un pharmacien propriétaire, monsieur Coutu lui-même, se battait, pour que ses pharmacies puissent continuer à vendre des cigarettes.

N’est-ce pas que cela en dit long sur le sens éthique de ces professionnels de la santé que sont les pharmaciens propriétaires ? Jugez-en par vous-même en vous rendant dans une pharmacie. Vous verrez toute la gamme de produits vendus sur place et qui n’ont rien à voir avec la mission santé que doit être une pharmacie.

Toute pharmacie au Québec, Canada, ne devrait pas avoir le droit de vendre des produits tels que les boissons gazeuses, des croustilles, des bonbons, de la crème glacée, du chocolat ou des cartes-cadeaux de la SAQ.

Ce que sont les pharmacies au Québec en ce moment est aussi mauvais que si dans les postes de police du Québec vendaient de la bière, du cannabis, des couteaux, de la dynamite, des armes de poings et des fusils.

Alors pharmaciens propriétaires, choisissez votre camp, la santé de vos concitoyens ou le commerce de détail qui se rapproche d’un dépanneur ? Mais dans la forme actuelle des pharmacies au Québec, de grâce, ne nous dites pas que vous prenez à cœur la santé des québécois.

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