Se décarboniser pour 2050, l’art de nous prendre pour des cons

Se décarboniser pour 2050, voilà la mission que se donnent plusieurs entreprises mondiales à coups de publicités.

Durant le récent tournoi de la Coupe Memorial qui sacre champion une équipe de hockey junior, il a été possible de voir plusieurs publicités du groupe Dow à cet effet.

Dow, pas la bière qui était populaire au Québec dans les années 60, mais l’entreprise Dow, celle qui est dans le domaine des produits chimiques et des plastiques. Mieux connu sous le nom Dow Chemicals, mais qui se fait maintenant appelée tout simplement Dow.

Ainsi, à coups de publicités, Dow nous apprend qu’elle sera décarbonisée en 2050. Une carboneutralité. Un terme utilisé à toutes les sauces par les gouvernements occidentaux.

2050, vous avez bien lu.

C’est dans plus d’un quart de siècle !

Qui se rappellera à ce moment-là la promesse de Dow d’être décarbonisée en 2050 ?

Il faudrait arrêter de nous prendre pour des cons.

En 2050, la population mondiale sera tout près de 10 milliards d’humains. Celle du Canada, aux alentours de 50 millions de personnes et celle du Québec, probablement aux alentours de 10 millions.

Qui de ces individus se rappellera en 2050 que Dow avait fait cette promesse de se décarboniser pour 2050 ?

Peu de gens, très peu !

Tellement, qu’on le sait tous que Dow va reporter cette décarbonisation au-delà de 2050.

À l’instar des gouvernements qui repoussent l’interdiction de vendre des véhicules à essence au-delà du 2030 initial.

On le voit bien de nos jours que la vente de véhicules électriques est en décroissance.  Subitement, la Tesla d’Elon Musk se démonise après que de gros troubles de fiabilité ont pris le dessus sur le côté angélique de la marque.

Les gens ne sont pas dupes non plus. Payés 75 000$ à 100 000$ pour un véhicule électrique qui n’en vaudra pas plus de 35 000$ après quatre ans. Qui veut se faire croire qu’il sauve la planète tout en perdant plus de 10 000$ par année pendant quatre an ?

Personne !

Du moins, personne qui est moindrement sain d’esprit.

Revenons à Dow, ou si vous préférez à Dow Chemicals.

Vous vous souvenez de l’accident d’Union Carbide en 1984 en Inde ?

Petit rappel sur la catastrophe de Bhopal, en Inde.

La catastrophe de Bhopal, une ville du centre de l’Inde, est un accident chimique qui survient dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984.  Ainsi, une explosion survient dans une usine d’une filiale de la firme américaine Union Carbide produisant des pesticides et qui a dégagé quarante tonnes d’isocyanate de méthyle dans l’atmosphère de la ville.

Considéré comme l’une des pires catastrophes industrielles de l’histoire, cet accident tue officiellement 3 828 personnes. Ce bilan ayant été revu en 1989 à 3 598 morts, puis à 7 575 en 1995. Il fit en fait entre 20 000 et 25 000 morts selon les associations de victimes. Il y aurait eu 3 500 morts la première nuit et un grand nombre par la suite : la moitié dans les premières semaines et l’autre moitié de maladies provoquées par l’exposition aux gaz. Dans un article de 2010 du Washington Post consacré aux catastrophes industrielles, le journaliste Paul Farhi évoque un bilan d’« au moins 12 000 personnes » pour la catastrophe de Bhopal. On dénombre par ailleurs 300 000 malades à cause de la catastrophe.

Bien voilà, imaginez-vous donc qu’Union Carbide est maintenant une filiale à part entière de Dow depuis 2001.

Il est donc facile de comprendre que Dow veut redorer son blason et que cela puisse couvrir l’ensemble de ses activités.

Ainsi, ça paraît bien, décarboniser son entreprise pour 2050, mais ça demeure dans plus d’un quart de siècle.

Arrêtez de nous prendre pour des cons !

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